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‘Plus que des complices, des partenaires dans l’innovation!’

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En octobre 2022, Dominique Van Ryckeghem a officiellement été nommée directrice générale de la Direction de la gestion des ressources et de l’information de la Police Fédérale. Quels défis entrevoit-elle pour les communications des services de police dans les années à venir? Et comment se déroule la coopération avec ASTRID? Entretien.

Votre fonction recouvre un large éventail de compétences. Quels dossiers atterrissent chez vous ?
Dominique Van Ryckeghem: ‘La Direction générale de la gestion des ressources et de l’information chapeaute quatre grandes directions: personnel, information/ICT, logistique/infrastructure et finances. Je reçois donc des dossiers très variés qui peuvent concerner les questions techniques liées aux TIC, les innovations telles que i-Police et Focus, la coopération avec ASTRID,… Mais aussi le recrutement et la sélection, la formation des policiers, le plan pluriannuel d’investissement et de fonctionnement, la concertation avec les partenaires sociaux, etc. À ce niveau, nous travaillons sur les grandes lignes. Notre rôle est de coordonner, de soutenir et d’orienter les directions qui disposent d’une grande expertise technique en interne.

Quels sont les axes prioritaires de la politique que vous souhaitez mener en matière de communication ?
Dominique Van Ryckeghem: ‘S’agissant de la communication opérationnelle, nous voulons des solutions durables, fiables et aussi conviviales que possible. Nous en discutons avec toutes les parties prenantes: ASTRID, les autres disciplines, mais bien sûr aussi les effectifs de terrain et des centres de dispatching: les CIC ou Centres d’information et de communication de la police. Il est essentiel que nous tenions compte de leur avis lors de l’élaboration de solutions. Je trouve par ailleurs que le partage d’informations est très important. La commission parlementaire ‘attentats’ a montré que nous n’étions pas encore suffisamment imprégnés d’une culture du partage. Un état de fait dû en partie à des contraintes techniques, mais aussi à la culture. L’échange d’informations en toute transparente devrait aller de soi pour tous les services de police,

Qu’est-ce qui fait obstacle à ce partage d’informations ? Dominique Van Ryckeghem: La BNG, notre Banque de données nationale générale, contient énormément de données, mais la technologie est obsolète et ne sera plus supportée dès 2025. Aujourd’hui, il est déjà possible de consulter cette base de données via l’application Focus. Mais nous sommes toujours coincés avec des systèmes différents: ISLP et Feedis. Les procès-verbaux sont établis à partir de ces différents systèmes et nous devons nous en débarrasser. Le projet i-Police vise, entre autres, le remplacement de la Banque de données nationale BNG. Le but est de rassembler toutes les informations reprises dans ces bases de données sur une seule plateforme globale. Par ailleurs, le système analysera les informations et fera des propositions de recherche. Nous nous dirigeons vers une politique d’accès pour les utilisateurs selon laquelle seules les informations pertinentes pour un utilisateur donné seront disponibles. C’est un renversement complet de la façon dont les informations sont présentées et consultées.’

L’innovation figure donc au rang des priorités, comme chez ASTRID. Quels sont les points communs ?
Dominique Van Ryckeghem: ‘ASTRID travaille pour l’avenir sur les systèmes Next Gen qui sont également très importants pour la police. Plus que des complices, nous sommes partenaires dans l’innovation! Les innovations technologiques que projette ASTRID vont renforcer la sécurité, pour les citoyens comme pour les policiers. Aujourd’hui, le travail dans les centres de dispatching et sur le terrain est principalement basé sur la voix par radio. Les équipes doivent s’appuyer sur ces informations pour évaluer la situation sur place. Lorsque nous en serons au stade du basculement à la 5G, cela entraînera une révolution technologique majeure. On passera alors à un système permettant de collecter beaucoup plus de données de sorte que l’on pourra partir mieux préparé en intervention. Ce sera une formidable avancée non seulement pour la police, mais aussi pour toutes les disciplines.

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L’innovation va-t-elle faciliter le travail de la police ? Dominique Van Ryckeghem: ‘C’est une question piège! On disposera de tellement plus d’informations pour développer une représentation intégrée. Ces données proviendront de différentes sources – des systèmes ASTRID, d’i-Police/Focus, de l’internet – mais il faudra recourir à l’intelligence artificielle pour filtrer et traiter ces informations. Est-ce que ce sera plus simple? Non. Mais nous pourrons mieux faire notre travail et nous serons plus en phase avec le reste de la Société. Celle-ci est en effet de plus en plus numérique et son rapport à la communication est radicalement différent par rapport à celui d’il y a dix ans. Cela correspond également aux compétences qui, pour les jeunes, sont très intuitives. Soyons clairs : nous continuerons à avoir besoin de l’expérience des générations plus âgées – aide d’urgence, pilotage d’équipes, etc. Mais nous devons cultiver les forces des différentes générations.’

Il n’est pas toujours facile de rallier les gens à un projet d’innovation. Comment comptez-vous vous y prendre ? Dominique Van Ryckeghem: ‘L’impact sur le terrain sera énorme. Au sein de cette direction, nous voulons communiquer de manière claire et transparente à ce sujet. Nous disposons de plusieurs portails d’information et d’une newsletter qui oriente les gens vers ces portails. Aujourd’hui, de tels portails existent déjà, notamment pour le recrutement et i-Police, par exemple. Il est important que tout le monde sache concrètement ce que nous faisons, les étapes sur lesquelles nous travaillons, mais il faut pouvoir faire preuve de patience, car les attentes sont grandes et, pour beaucoup, cela ne va pas assez vite! Récemment, les sous-effectifs des CIC ont encore fait les gros titres. Je suis convaincue que cette fonction deviendra plus attractive si les systèmes sont plus performants. Les gens veulent sentir qu’ils peuvent vraiment faire la différence pour la Société, pour le citoyen. Parce que le travail policier demeure en substance une forme d’engagement social.’

Avec ASTRID comme partenaire, envisagez-vous l’avenir avec confiance ? Dominique Van Ryckeghem: ‘Salvator Vella le disait encore dans un édito de l’un des précédents Switch: dans le contexte du réchauffement de la planète, les inondations de l’année dernière augurent de situations inédites et imprévisibles à répétition. Nous allons avoir besoin de systèmes performants pour y faire face. C’est un défi que nous ne sous-estimons pas et dans lequel nous nous sentons soutenus par ASTRID et ses ambitieux programmes Next Gen en chantier. Nous avons conscience que, sans ASTRID, notre rayon d’action serait fortement réduit. Pour nous, ASTRID est un partenaire essentiel qui poursuit le même objectif, à savoir servir l’intérêt général. C’est une base très solide pour construire l’avenir avec eux et avec les autres disciplines.'

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