Nouveau dispatching pour la zone de police VLAS

« Amélioration en tous points »

PZ VLAS ASTRID

Depuis le début de l’an dernier, la zone de police VLAS (Courtrai, Kuurne et Lendelede) a pris ses quartiers dans un nouveau bâtiment. De nombreuses innovations ont également vu le jour en termes de fonctionnement, soulignent Stefanie Van Coppernolle, chef de division Sécurité, et Tom Vandewalle, chef d’équipe Dispatching : « L'immobilisme n'est pas une solution. »

Sans exagération, le nouveau bâtiment peut être qualifié de joyau : de nombreuses surfaces vitrées et du béton nu, un remarquable bassin de faible profondeur dans l’atrium et surtout du bleu, beaucoup de bleu – noblesse oblige. « Nous ne pouvons pas être mécontents », s’exclament Stefanie et Tom, « d’autant que tous nos services sont finalement regroupés. »

Ce n’était pas le cas auparavant ?
Tom : « Auparavant, nous étions répartis sur trois sites à Courtrai, sans compter les bureaux de quartier dans les sections de communes. Les équipes d’intervention, le dispatching et les dénonciations se trouvaient au centre de Courtrai. La recherche, la police de la route, la police sociale et les services d’encadrement étaient situés à la Baliestraat tandis que le Beverlaai abritait une partie du travail de quartier et la logistique. Tous nos services sont désormais centralisés à la Minister De Taeyelaan à Courtrai – les postes de quartier des sections de communes et les postes de police locaux de Kuurne et Lendelede demeurent évidemment en place. »

« Le fait que nous soyons réunis sous le même toit présente un avantage énorme. Nous nous sommes améliorés en tous points. Sur le plan logistique, évidemment, mais aussi parce qu'un rapprochement physique optimise la collaboration et la communication. Et le bâtiment a été adapté aux normes de confort actuelles et à la taille du corps – quelque 300 policiers. Les anciens sites explosaient littéralement. »

Comment décririez-vous le fonctionnement de la zone de police VLAS ?
Stefanie : « Il est très variable. Courtrai est une ville à forte densité de population, nous avons donc notre part de travail. Et comme nous sommes à deux pas de la frontière française, la criminalité frontalière est un phénomène auquel nous sommes confrontés. »

L’emménagement dans le nouveau bâtiment a aussi changé votre fonctionnement...
Stefanie : « Une grande nouveauté est qu'un collaborateur de Securitas est aussi chaque fois présent au dispatching comme call-taker. Ce qui permet à nos propres dispatchers de se concentrer sur leurs missions principales. Tous les appels non urgents sont dirigés vers les collaborateurs de Securitas, les appels urgents aboutissent chez les dispatchers. Les collaborateurs de Securitas ont pour tâche supplémentaire de surveiller les images caméras et de nous avertir s’ils remarquent quelque chose. Ces yeux supplémentaires sont bien utiles. Le collaborateur de Securitas peut aussi venir en renfort à l’accueil si nécessaire. Enfin, Securitas se charge d’effectuer des rondes de sécurité à l'intérieur du commissariat. »

S’agit-il là d'une initiative unique ou existe-t-elle ailleurs ?
« Les zones de police Westkust et Anvers collaborent aussi avec Securitas, mais le fonctionnement n'y est pas du tout le même », répond Stefanie. Pour l'instant, nous sommes, si je ne me trompe, la seule zone à pratiquer une collaboration élargie dans le domaine de la surveillance du réseau de caméras. Entre-temps, plusieurs zones envisagent aussi de franchir le pas. Certaines zones sont déjà venues voir chez nous comment nous fonctionnons. »

Le dispatching aussi a changé ?
Tom : « Nous possédons à présent un dispatching flambant neuf doté d'un impressionnant mur vidéo de près de 20 mètres de large. Nous pouvons visualiser toutes les images des caméras publiques de Courtrai – déjà au nombre de 180 et ce nombre continue de grimper. Nous pouvons sélectionner les images que nous voulons précisément avoir, par exemple durant un événement, et répartir les images sur quatre écrans pour les analyser plus en détail. Nous pouvons également définir une « patrouille virtuelle » sur un trajet le long de différentes caméras. »

« Le poste de travail des dispatchers est ultra-moderne. Fini les souris et les claviers, tout est intégré. Le dispatcher peut, d'un seul clic, afficher l’application dont il a besoin sur son écran central tout en conservant un aperçu des autres applications sur les écrans latéraux. Nous utilisons aussi à présent des pédales de commande de sorte que le dispatcher garde les mains libres pour la saisie. Et les postes de programmation des canaux vintage ont cédé la place à des écrans tactiles. »

D’autres choses en préparation ?
« Nous avons actuellement un projet de diffusion d'images en direct aux équipes de police en route vers le lieu d'un incident », confie Tom. « Une image en dit souvent plus qu'un long discours : il peut en effet être très instructif pour les équipes sur le terrain d’avoir déjà un aperçu préalable de la situation dans laquelle elles vont se retrouver. À ma connaissance, nous sommes un précurseur dans ce domaine. »

« Il y a aussi Briefcam, un logiciel intelligent d’analyse d’images vidéo », renchérit Stefanie. « Nous pouvons par exemple rechercher une personne qui porte un pull rouge dans un environnement donné à une heure donnée, ce qui se révèle très utile dans le cas de disparitions notamment. La zone de police Mouscron utilise d’ailleurs aussi Briefcam. »

« Tous ces projets s’inscrivent dans la vision selon laquelle le dispatching doit continuer à évoluer en direction d’un real time intelligence center. Le dispatching ne doit pas seulement pouvoir diriger une équipe par radio, mais aussi, par exemple, rechercher des informations supplémentaires, transmettre des images de l’hélicoptère de la Police Fédérale ou d'un drone de la police … »

Utilisez-vous des drones ?
Tom : « Nous-mêmes n’avons pas de drone, mais nous pouvons faire appel au drone de la zone Westkust. Nous avons un partenariat baptisé WVL4 qui, outre la ZP VLAS, réunit également trois autres zones de police de Flandre occidentale (Westkust, Polder et Riho). Dans le cadre de cette collaboration, la zone Westkust possède un drone et un pilote de drone. Un membre de notre zone suit aussi une formation de pilote de drone. Un tel drone nous est d'une grande utilité lors des grands événements qui se déroulent dans notre zone (Sinksenfeesten (les fêtes de Pentecôte), Alcatraz, Kamping Kitsch, cyclocross, etc.). On obtient une parfaite vue d’ensemble de l’événement et de la situation du trafic autour du site. Le drone complète utilement l’hélicoptère de la Police Fédérale, qui n’est pas toujours disponible. »

« Parallèlement, nous coopérons à l’étude de la zone de secours Fluvia sur l’utilisation de drones sans pilote. Dans le cas d’un drone piloté, un pilote doit être disponible 24 h/24, ce qui n’est pas nécessaire pour un drone sans pilote. Si vous entrez les bonnes coordonnées GPS, un tel drone peut se rendre sur place rapidement pour transmettre les prises de vue aériennes en live. »

On dirait que tout cela commence à prendre des allures de RoboCop.
Stefanie : « Le marché connaît une évolution fulgurante. Un vent nouveau est en train de souffler et l'immobilisme n'est pas une solution. Mais nous n’allons pas innover pour innover. Le but a toujours été d’améliorer notre fonctionnement, non seulement pour le citoyen, mais aussi pour nos propres collaborateurs. C’est sur cet objectif que nous nous concentrons. »

Ces évolutions rapides sont-elles acceptées sur le terrain ?
« Les changements sont évidemment toujours compliqués », concède Stefanie, « mais à terme, l'intention est précisément d’accroître l’efficacité et le confort du travail. Il faut d’abord passer par un processus d’apprentissage. Mais les choses deviennent précisément moins complexes par la suite. Il est faux de croire que nous imposons les choses d’en haut : la plupart des changements sont induits par les acteurs de terrain et les dispatchers eux-mêmes. Tout le monde est d’accord et souhaite que cela continue. À commencer par la direction du corps et l’administration communale. »

Votre expérience avec ASTRID ?
Tom : « Pour nous, c’est un outil de travail. Nous utilisons le CAD-viewer et les radios, bien évidemment. Ces instruments font ce qu'ils ont à faire. J’ai moi-même connu, pendant un court laps de temps, l’époque pré-ASTRID. Avec ces radios analogiques, quand on était en panne, on était réellement en panne. On n’avait pas de roue de secours, ce qui n’est plus le cas à présent. Et on peut communiquer dans toute la Belgique, pas uniquement dans sa propre zone. »

« Je connais plusieurs services non policiers qui doivent se passer des radios ASTRID et il leur arrive de pousser de fameux jurons », sourit Stefanie.

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